Comme je l'ai annoncé il y a quelques temps, ce blogue déménage vers les pages de Voir. Mon premier billet est en ligne aujourd'hui: La mise en scène de soi.
Vous pouvez maintenant me lire au http://voir.ca/catherine-voyer-leger.
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Formation: Baccalauréat en histoire de l'art
Fait de la critique depuis... 2000
Titre: Critique en arts visuels au Devoir et en cinéma chez Séquences
Citation: "Pour moi l'art et l'appréciation de l'art me permettent de sortir du carcan du marché. C'est un parti pris politique et social! Quand tu vois une oeuvre, tu n'es pas subordonné à aucune partie de notre réseau du capital, notre réseau monétaire, économique... Et, pourtant, tu peux sortir grandi!"
Passionné d'arts visuels, de cinéma et de foot, Jérôme Delgado avait toujours rêvé de devenir journaliste sans pourtant imaginé être critique. Mais la vie a parfois de ces détours...
Au commencement...
... il y avait un adolescent qui, encouragé par sa mère, s'intéressait à l'histoire de l'art en visitant des musées. À 18 ans, après un voyage en Europe au rythme d'une ville et ses musées chaque jour, Jérôme commence à étudier en histoire de l'art. Il collabore aussi au journal étudiant avant de mettre ses ambitions de côté pour aller travailler en communications. C'est une chronique bénévole à CIBL qui lui permet de renouer avec le journalisme (d'abord sportif, ensuite artistique). Une série de hasards et de rencontres permettront à Jérôme de rejoindre La Presse où il fera de la critique d'arts visuels et de cinéma pendant six ans. Depuis, on peut le lire au Devoir dans les pages consacrées aux arts visuels et il collabore à la revue Séquences spécialisée en cinéma.
La critique, à quoi ça sert?
Jérôme Delgado n'hésite pas: dans un média de masse, le rôle de la critique est de débroussailler, de pointer les forces et les faiblesses de ce qui se fait dans un milieu. La critique se doit aussi de travailler à l'encontre des clichés. En arts visuels, il y en a plusieurs.
Le cliché le plus tenace est celui du "beau" puisque pour une partie du public, les arts visuels doivent être agréables à regarder pour valoir le déplacement. Jérôme voit dans son travail une occasion d'expliciter des démarches, d'amener le public à s'interroger sur un autre niveau de sens.
L'autre cliché tenace concerne le fait que la discipline serait trop cérébrale ou compliquée. Selon lui, c'est tout le contraire. L'art contemporain est souvent expérientiel et fait appel à tous les sens. Cet aspect multisensoriel peut rendre difficile la médiatisation des arts visuels, à l'écrit comme à la télévision. Le défi du critique est donc de maîtriser assez son médium pour attiser la curiosité.
Est-ce qu'il a le sentiment de réussir son pari? Il admet que c'est toujours avec fierté qu'il apprend par les galliéristes ou les centres d'artistes que des gens se pointent aux expositions leur journal en main, preuves vivantes que ce travail n'est pas vain.
Quelle place pour les arts visuels?
Pourtant, on entend souvent dire que les arts visuels sont l'un des parents pauvres du milieu de la culture (lui-même déjà bien faible) dans les médias. "C'est sûr qu'il faut toujours se battre pour avoir plus d'espace, plus de visibilité." Ayant dit cela il s'excuse de prêcher pour sa paroisse mais ajoute que c'est toujours difficile de faire valoir une discipline qui a peu de vedettes dans un monde médiatique qui carbure de plus en plus au vedettariat. Jérôme rappelle qu'avant d'écrire son livre, Marc Séguin était déjà un artiste majeur mais que sa carrière impressionnante n'intéressait pas vraiment les médias de masse.
Sans surprise, la situation à la télévision et à la radio lui semble encore plus fragile. "Quand on fait un reportage sur une exposition et qu'on met une petite musique d'ambiance pour accompagner le reportage, c'est déjà déphasé." Il souligne que les médias électroniques s'intéressent presque uniquement aux expositions dans les grands musées, pourtant "les centres d'artistes sont incontournables pour le milieu au Québec. Mais quand voit-on à la télévision un commentaire sur l'une de leurs expos? Jamais."
La fragilité d'un milieu
Très conscient de son époque, Jérôme Delgado apparaît résigné: "Je sais que je suis condamné à être pigiste. Je ne serai jamais engagé comme critique d'arts dans un quotidien."
Parmi les conséquences directes de cette situation, il souligne la difficulté à se déplacer. Pourtant, il lui semble évident que tout bon critique d'arts doit voir ce qui se fait ailleurs, ne serait-ce que pour pouvoir comparer, se nourrir, continuer à apprendre. "Ce n'est pas tant que je voudrais qu'on me paie mon voyage, mais que mes heures de déplacements soient considérées comme des heures de travail." Jérôme admet n'avoir ni les moyens, ni le temps de voyager autant qu'il le voudrait, ne serait-ce qu'à New York ou à Toronto.
Pour lui, tout cela participe du fait que la critique est de moins en moins valorisée comme acte journalistique. On la limite souvent à l'idée qu'il s'agit d'aller voir une exposition (ou un spectacle ou un film) et de produire un papier, comme si ce travail ne nécessitait pas aussi de la recherche et de la préparation. On l'assimile à une activité ludique que n'importe qui peut accomplir.
De l'espoir...?
Malgré ses inquiétudes, Jérôme s'estime chanceux de travailler pour Le Devoir. Il trouve que son employeur reste le média le moins influencé par le règne du spectacle dans la couverture des arts. Il déplore que dans certains médias la critique soit davantage apparentée à un rôle d'agenda culturel. La description d'activités et les conseils de sortie relèguent l'analyse aux oubliettes.
Pourtant, il a la conviction qu'une relève qualifiée existe. "Il y a encore plein de jeunes qui étudient en histoire de l'art. Des jeunes qui savent écrire et qui, pour certains, voudraient faire de la critique." Mais où trouveront-ils l'espace pour le faire comme un métier et non pas comme un hobby? Jérôme s'avoue assez inquiet pour l'avenir.
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Crédits photo: Jean-François Rollinger
Pour suivre Jérôme Delgado:
dans Le Devoir, généralement le samedi
dans la revue Séquences
Le mois prochain: Jean Fugère, chroniqueur littéraire à Radio-Canada
Métier = Critique est un rendez-vous mensuel avec des artisans de la critique culturelle. Chaque 15 du mois, nous abordons avec un journaliste différents aspects du métier pour mieux en cerner les contours et les défis.
Archives: No1 - Manon Dumais | No2 - Philippe Couture | No3 - Philippe Papineau | No4 - Brendan Kelly
Rédigé à 10:00 dans Médias et journalisme, Métier = critique | Lien permanent | Commentaires (0)
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Dans une chronique parue en décembre sur le nouveau Tintin, Marc Cassivi abordait la question incontournable (et un brin dérangeante) de ses enfants en sortant du cinéma: "Combien d'étoiles, papa?". Bien qu'ils n'ont pas tous un père dont le métier est de poser des étoiles sur les films, j'ai souvent pu constater l'importance que les enfants accordent à l'évaluation par étoiles.
Enfants et adolescents ont un attachement semblable aux palmarès. À l'époque, je n'aimais rien de plus que les palmarès de chansons. Ça me permettait de réentendre toutes mes chansons préférées qui jouaient déjà tout le temps, de valider mes goûts (formatés par la radio commerciale qui faisait le palmarès, mais ça je n'y comprenais rien encore!) et, finalement, de faire mon propre exercice et de contester un palmarès qui me semblait souvent injuste.
On pourrait d'ailleurs faire un parallèle avec tout ce qui relève des concours et des éliminatoires qui ont aussi la cote chez les jeunes. Leur grand intérêt pour les télé-réalités et éliminations devant jurys nous le démontre régulièrement.
Ce n'est pas très surprenant. Tous ces processus visent à simplifier et à formater l'évaluation de la qualité, à rentrer le réel (immensément complexe) dans des petites cases. Pour les enfants, c'est un soutien pour appréhender la difficile tâche de l'évaluation.
Ce qui est plus étonnant, c'est l'attachement qu'ont aussi les adultes à ces formes de compréhension simplifiée du réel. Par exemple, plusieurs commentateurs avaient prédit que l'émission Ils dansent aurait peu d'intérêt si elle refusait de faire place à un modèle éliminatoire. Mais pourquoi? Quel est donc notre besoin de classifier la qualité ainsi, de la faire entrer dans des chiffres, des listes, des palmarès ou une dichotomie gagnants/perdants?
Je connais peu de critiques qui aiment les étoiles, pourtant la grande majorité s'en accommode comme un incontournable. Rares sont les publications qui y résistent encore et les lecteurs y tiennent. Si les critiques se plient à l'exercice par obligation et souvent à reculons, les lecteurs y trouvent tout à fait leur compte. Il m'intéresserait d'ailleurs de savoir combien de lecteurs consultent uniquement la cote sans lire le texte. Mais peut-être cette donnée serait-elle trop déprimante...
Le travail critique ne peut jamais se résumer à une classification utile puisqu'il tente de rendre compte d'une réalité beaucoup plus complexe. Les niveaux de lecture sont multiples lorsqu'on fait de la critique: innovation créative, réalisation technique, authenticité de l'interprétation, inscription de l'oeuvre dans un tout, etc. Comment est-il possible de résumer tout cela en quelques étoiles? Déjà en 250 ou 500 mots, le défi est immense!
Les palmarès ont une fonction semblable en ce qu'ils tentent de rendre compte d'un milieu et de ses tendances en un regard. De la même façon, les éliminations dans les émissions s'appuient généralement sur des jurys et des notes et visent à départager le bon grain de l'ivraie souvent de façon très partielle, succincte et dans l'urgence.
Il est normal qu'on se dote d'outils pour appréhender le réel qui est, en toute chose, trop complexe pour qu'on l'enlace en entier. Chaque concept que nous utilisons est une façon d'y arriver, mais nos efforts pour appréhender le réel ne devraient pas nous excuser de le simplifier à outrance.
Les étoiles peuvent nous faciliter la vie, mais elles peuvent être exceptionnellement réductrices et tendent à résumer le travail critique à un conseil de consommation. Elles ne sont pas un mal en soi (pas plus que les palmarès) ne serait-ce que parce que les enfants s'y intéressent et que leur simplicité graphique permet d'attirer le regard sur les affaires culturelles. Ce qui est plus inquiétant c'est que nous, adultes, avons tendance à nous en satisfaire et à les présenter comme s'il s'agissait d'une finalité. J'entends rarement qui que ce soit me parler d'une critique, on réfère pourtant souvent au nombre d'étoiles que tel journaliste à donner à ceci ou cela. Parfois, ça semble nous arranger de penser que bien des choses se résument en quelques étoiles ou un top 10 de fin d'année.
Ces outils ne devraient jamais être un passe-droit pour négliger l'analyse qui les sous-tend. Derrière chaque étoile, même celles données par des enfants, il devrait y avoir un "Pourquoi?". C'est lui qui est important.
Rédigé à 10:00 dans Médias et journalisme | Lien permanent | Commentaires (0)
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C'est tellement énorme qu'on se demande même s'il vaut la peine de répondre. Or, vu le titre de l'auteur de ce texte publié aujourd'hui dans La Presse, j'aurais quelques considérations d'ordre philosophique à partager sur sa réflexion.
Règlons d'abord un truc futile: comme le notait très justement une amie (et je pèse le mot "amie"!), il ne sert à rien de revenir sur la question: un ami Facebook n'est pas toujours un ami! Le cas semblait réglé depuis belle lurette, mais parfois il faut insister.
Passons donc à l'essentiel, comme quand l'auteur écrit: "Alors qu'autrefois, l'amitié était un partage de sentiments entre deux individus, il est devenu aujourd'hui [...] un partage d'opinions." C'est plutôt paradoxal puisqu'il me semble en fait que plusieurs abonnés Facebook partagent surtout des affects et des états d'âme (et des photos de vacances, et d'enfants, et de chats) cherchant sur les réseaux sociaux une résonnance affective justement. Les réseaux permettent l'échange d'information, essentiellement écrite. Est-il impossible de partager des sentiments par écrit? Ce serait déroutant de l'apprendre maintenant, des gens s'y risquent depuis fort longtemps...
Plus déconcertant encore: "Autrefois [...] l'ami pouvait partager des opinions tout à fait différentes de nous que cela n'entravait nullement notre amitié." Pourtant, l'histoire me semble plutôt faite d'époques où les idées (politiques, religieuses, morales, etc.) étaient encore plus tranchées et pendant lesquelles des amitiés inter-clans n'étaient pas la chose la plus aisée. Alors quand on dit "autrefois", on parle de quand?
J'ajouterais quelques questions subsidiaires: Depuis quand opinions et sentiments sont si antagonistes? Où insère-t-on les valeurs dans ce spectre? Doivent-elles être prises en compte dans l'amitié (comme sentiments) ou rejetées (comme opinions)?
Passons donc à l'autre grand sentiment qui intéresse l'auteur: l'amour. Ça commence fort: "L'amour d'autrefois, celui avec un grand A..." Je me répète mais... Autrefois, quand? Les années 70, peut-être, cette époque bénie de la commune? Les années 40 et mes grands-parents pris en Abitibi dans un couple insatisfaisant mais unis par des liens sacrés? Le 19e siècle? Le 18e? Il n'est sans doute pas question ici des mariages arrangés! Peu importe semble dire l'auteur, les choses amoureuses ne sont pas comme autrefois...
... et elles vont mal. Les réseaux sociaux seraient responsables du désengagement puisqu'ils multiplient les possibilités en créant l'impression d'un junkfood relationnel. Il y a là un aspect intéressant: les réseaux de rencontre ont sans doute contribué à cette impression d'infinies possibilités. Mais l'outil est-il la cause? Rien n'est moins sûr. Au début de ma vingtaine, il y a près de 15 ans déjà, nous discutions de la peur maladive de l'engagement chez plusieurs personnes de ma génération. Je crois que mes amis de la génération X pourraient même témoigner que cette vague de désengagement et de multiplication des relations était déjà en marche à leur (lointaine!) époque. Hypothèse: y aurait-il là un enjeu de valeurs qui trouve son miroir dans un outil technologique plutôt qu'un outil technologique qui engendre une crise de valeurs?
Ce qui est amusant, c'est que l'auteur en conclue que l'époque des coeurs brisés est révolue. En multipliant les rencontres, nous éviterions de nous y faire mal. Étonnant! J'ai toujours entendu dire l'inverse: on se brise le coeur à répétition et on y récolte désarroi et déception. Et vu comme ça, le mariage à vie n'était-il pas, après tout, le meilleur palliatif aux coeurs brisés?
Entendons-nous, les réseaux sociaux transforment radicalement les interactions sociales, c'est indéniable. J'ai moi-même écrit maintes fois à ce sujet, à commencer par un texte récent sur l'absence de toucher. Mais s'ils sont intéressants à étudier, les médias sociaux relèvent à mes yeux plus souvent du symptôme que de la cause. À les démoniser, on oublie que les relations n'étaient pas exactement idéales autrefois (le flou du mot "autrefois" est volontaire).
En effet, la rumeur veut qu'il y a eu, dans un certain passé mal défini, pas mal d'hommes dans des tavernes, de femmes au téléphone toute la soirée, de couples plongés dans le silence, d'amitiés déchirées par la politique, d'amitiés déchirées par des amours, de relations compliquées (même s'il n'était pas convenable d'écrire "It's complicated" sur un pic rocheux!).
Paraît même qu'il y avait des gens volages...
L'histoire ne dit pas comment ils faisaient pour se trouver. Ils ne pouvaient même pas se poker.
Rédigé à 20:39 dans Médias sociaux et Web, Société | Lien permanent | Commentaires (0)
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Vingt-quatre heures après le Bye Bye, ça m'énerve déjà! Pas les critiques, les gens qui veulent qu'on passe à autre chose. En plein paradoxe, ces chialeux contre ceux qui chialent, ne réalisent pas qu'ils participent au bruit qui maintient le sujet en vie. Ainsi, la communauté Twitter était à bout le 3 janvier de constater qu'on parlait ENCORE du Bye Bye. Savez-vous que le 1er et le 2, il n'y avait pas de journaux ou vous êtes vraiment déconnectés? Les critiques papiers sortaient le 3, mais la communauté Twitter (circa 10% des Québécois) est convaincu que le sujet devrait être clos trois jours après l'événement...
Judith Lussier de Urbania fait partie de ceux qui pensent qu'on critique trop le Bye Bye. Je trouve plutôt chouette qu'elle décide de critiquer les critiques, mais remarquons qu'elle ne note pas le travail critique mais son niveau d'accord avec la critique (étrange évaluation). L'aspect surréaliste de cette chronique se résume en une phrase: "Un critique télé dont l’émission préférée est Une heure sur terre a autant de crédibilité à mes yeux qu’un critique d’art qui capote sur Corno." Ayoye! J'ai mes propres raisons de critiquer Stéphane Baillargeon, mais que doit-on comprendre de cette comparaison bancale? Que Une heure sur terre est à la télévision ce que Corno est à la peinture? Bien non. Plutôt que Une heure sur terre n'est pas l'essence de la télévision, que la télévision est d'abord pur divertissement et ne pas comprendre ça te disqualifie comme critique télé. J'attends toujours la liste d'émissions préférées qui prouvent ta compétence pour te prononcer...
On entend aussi souvent dire que le Bye Bye n'étant qu'une émission de divertissement, faudrait arrêter de déchirer sa chemise. Qui a déchiré sa chemise? J'ai relu les critiques de Richard Therrien et Hugo Dumas qui me semblent plutôt posées. (Notons d'ailleurs que Judith Lussier a compris entre les lignes qu'ils ont vraiment aimé ça dans le fond, mais veulent pas nous le dire...) Stéphane Baillargeon va plus loin en demandant la fin des Bye Bye sur son ton habituel et Jean-François Lisée aborde la question précise de la vulgarité. Répondez-leur si vous n'êtes pas d'accord, mais venez pas dire qu'il y a présentement une charge hystérique contre le Bye Bye.
Mon vase a débordé hier soir quand Anne-Marie Withenshaw a dit à C'est juste de la TV (vers 28 minutes): "Le Bye Bye ce n'est pas pour les critiques, c'est pour le peuple au complet." C'est tellement énorme (surtout venant de quelqu'un qui gagne sa vie en faisant de la critique télé!) que je vais lui donner le bénéfice du doute et assumer que, dans le feu de l'action, elle n'avait pas conscience du poids de ce qu'elle disait. Elle s'est d'ailleurs un peu reprise quelques minutes plus tard.
Les propos d'Anne-Marie ont été repris avec enthousiasme sur le fil Twitter de C'est juste de la TV: ce n'est pas une émission pour la critique! Histoire d'ajouter l'incohérence à l'absurde, quand Marc Cassivi a admis (vers 29m30) "Nous on est pas comme le public en général, évidemment on regarde ça avec nos yeux critiques" certaines personnes l'ont trouvé condescendant. Suivez l'argument: le Bye Bye n'est pas une émission pour la critique (qui n'est donc pas comme le public en général) mais si un d'entre eux avoue qu'il a un oeil différent, il se prend pour un autre. Des fois, mon semblable, ta cohérence me donne envie de me défenestrer sur le champ!
Tout se critique! À partir du moment où une proposition est mise sur la place publique, elle peut être débattue. Et oui, certains professionnels regardent l'émission avec un autre oeil parce que leur boulot c'est d'analyser comment une émission s'inscrit dans l'ensemble du paysage. Ce show est énorme, coûte cher, rejoint un public immense, au nom de quoi la critique ne devrait pas s'y pencher? Parce que c'est du divertissement? Vu comme ça, on ne critiquera pas grand chose. Parce que c'est une institution? Comme l'église avant?
Je suggère pour l'année prochaine un boycott général de tout commentaire médiatique sur le Bye Bye. Silence radio. Bimp. J'ai hâte de voir ce beau public enfin ravi qu'on lui foute la paix et les créateurs enchantés que personne ne parle de leur show.
Avec un peu de chance, certains y comprendraient le rôle incontournable que jouent les critiques dans l'écosystème artistique québécois et nous pourrions nous remettre à discuter de ce qu'ils disent au lieu de remettre leurs compétences en question chaque fois qu'ils ne sont pas d'accord avec nous.
Rédigé à 10:06 dans Médias et journalisme, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0)
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