L’essayiste en résidence tire sa révérence

Après plusieurs mois de travail de grande proximité avec le Théâtre de la Pire Espèce, mon mandat d’essayiste en résidence se terminait avec la fin de la saison. Ça ne veut pas dire que nos collaborations sont terminées, mais la forme que celle-ci prenait (le journal hebdomadaire de création) est pour l’instant terminée.

Consultez mon dernier article.

Extrait:

Mais pour l’instant, c’est ici que se termine le parcours de l’essayiste en résidence de la Pire Espèce. Nous avions dit que nous inventerions quelque chose, nous avons au moins inventé ça : un titre qui sonne pas trop mal. Vous avez le droit de le copier. On l’utilise si peu, ce mot d’essayiste, dans notre pays. J’aimerais le voir partout fleurir. J’aimerais sentir qu’on n’a pas peur de ce métier qui consiste à créer avec une matière particulière : les idées. J’aimerais qu’il y ait partout des essayistes qui résident au cœur de vos antres créatifs.

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Quelques nouvelles du corps

Une mise à jour de corps dedans/dehors. Cette semaine, il est question de nausées et de nudité, de baiser et de grains de beauté, d’ouverture, de trésor et de peau blanche.
 
Extrait:
À chaque battement de cœur apparaît quelque chose de fragile. J’ai longtemps craint… J’ai longtemps cru que cette fragilité poussait entre l’autre et moi. Mais le trésor est juste là, sous l’ecchymose. C’est peut-être pour ça que je suis seule à le voir.

Géométrie de la parole

Sur le Journal de création du Théâtre de la Pire Espèce, je commence la réflexion sur la question de la parole qui nous occupera les prochaines semaines.

Extrait:

On comprend que dans cette étude sur la parole qui se poursuivra la semaine prochaine, cette question plus générale de la voix humaine et de ses potentialités est importante. D’une part, on peut se demander ce qui peut être construit uniquement avec le son : comment un texte peut en venir à évoquer les sabots des chevaux? On peut aussi chercher à faire dévier des références connues. Qu’arrive-t-il d’une fable archiconnue si on la rap? Une prière en chanson à répondre au rythme des cuillères? Sous ce premier angle, la parole est donc surtout une histoire de sonorités, de rythmes, de textures.

Quelques nouvelles du corps

Voici le moment d’une vraie mise à jour pour corps dedans/dehors. Cette semaine, il est question de grandes choses comme les larmes et le désir; de bobos qui sonnent drôle comme la dyshidrose; d’action comme le saut et le glissement et de détails comme le mal de tête et l’avant-bras

Extrait:

L’hiver, ce sont d’épais foulards.
L’été, des verres fumés.
Par expérience, je sais, qu’il suffit de cacher la moitié du visage pour que personne ne remarque que vous pleurez.

La Prose des vents

Ne manquez pas, ce samedi le 4 juin, le festival La Prose des vents à Ottawa. J’y serai toute la journée avec mes livres et dès 16h sur la première scène pour une table ronde sur l’essai avec Paul-François Sylvestre et Philippe Bernier Arcand. C’est Hugues Beaudoin-Dumouchel qui animera la discussion.

Pour tout savoir.

Critique de la critique critique

Si vous l’avez manqué ce week-end, rattrapez-vous sur le web pour découvrir cet article où Stéphane Baillargeon réfléchit à la critique. J’y suis avec Marc Cassivi pour revenir entre autres sur le phénomène Xavier Dolan.

Extrait:

Ce qui est particulier dans le cas de Cannes, c’est que nous n’avons pas vu les films nous-mêmes. Cela montre d’autant plus que notre réaction est purement affective et repose sur nos attentes quant à Dolan plus particulièrement. Il faut dire que, dans le cas de ce cinéaste, les réactions ont toujours été extrêmement polarisées : c’est quelqu’un qui éveille les passions, ce qui n’est pas négatif. Mais on peut se demander pourquoi le fait d’aimer Dolan “à tout prix” devrait être une excuse valable pour haïr ceux qui font des critiques qui peuvent par ailleurs être légitimes. Pour moi, il n’y a pas de contradiction dans le fait que certains adorent ce film et d’autres le trouvent étouffant. Ce sont deux lectures possibles d’une même œuvre.

Fais ça court!

Toujours sur le Journal de création du Théâtre de la Pire Espèce, je réfléchissais la semaine dernière au travail que nous avons fait autour de la courte forme pendant quelques semaines.

Extrait:

Observer ces créateurs travailler, c’est avoir l’impression qu’à un moment ils ont perdu l’équation métaphorique de vue. Mais non. Ils nagent dans une large mer mais savent très bien la rive qu’ils cherchent : ils se donnent simplement l’opportunité de se perdre en chemin. Peut-être y a-t-il une voie plus efficace ou plus esthétique qu’on n’imagine pas encore?

Qu’est-ce qui fait des Villes?

Sur le Journal de création du Théâtre de la Pire Espèce, je reviens sur la représentation de Villes – collection particulière à laquelle j’ai assisté en février dernier… avec un public de cégepiens!

Extrait:

De chuchotage en coup de coude, les pauvres Mégane de ce monde, sont malheureusement tombées sur la ville qui n’est pas la plus inspirante. Devant moi, un Maxime avait aussi droit à toute l’attention dont il pouvait rêver, lorsque la ville statistique qui porte son nom s’est déployée dans un amalgame de bâtonnets. J’ai bien failli me pencher contre son oreille pour le rassurer: cette ville est UNE Maxime, puisque toutes les villes portent des prénoms de femme. Ne t’inquiète pas, rien ne t’oblige à assumer l’opprobre d’une figure de comptable en rentrant chez toi dans un autobus jaune avec des collègues rapaces.

Les corps virtuels

J’étais à C’est fou samedi dernier pour participer à leur deuxième émission sur le corps. Avec Serge Bouchard et Jean-Philippe Pleau, nous avons discuté de corps virtuels et de la place du corps dans les relations en ligne.

Pour entendre la chronique.