Quelques nouvelles du corps

Après quelques temps d’absence, voici une mise à jour de corps dedans/dehors. Cette fois il est question de toux, de suffocation, de nage, de pleurs et de soulagement; de nudité, de plaie et de crâne;  de malléole et d’ampoule.
Extrait:
Sous mon pied, un reste d’ampoule. La trace blanche, grosse comme deux pouces, d’une marche d’été. Objectivement, c’est plutôt dégoûtant. Il y a pourtant un je ne sais quoi de fascinant dans cette peau devenue papier. Devenue soie. Morte et blanche. Blanche comme la mort, justement.
Je repense à la bibliothécaire, quand je lui ai suggéré de ne plus permettre l’emprunt de ce livre du début du siècle que je rapportais.
 
Les pages sont fragiles comme du papier.
Le degré zéro de la métaphore.

Quelques nouvelles du corps

La semaine a été consacrée à l’écriture des dernières pages d’un manuscrit, c’est donc une toute petite mise à jour pour corps dedans/dehors. Il est question d’énergie et de fatigue, de peur et de danse.

Extrait:

À une époque, je m’étais mis en tête que je ne rencontrerais pas l’amour tant que tous ceux que j’aime ne l’auraient pas trouvé. Vieille technique un peu compulsive : rituel impossible, assurance de ne plus se donner le droit à l’espoir.
À une autre époque, ou peut-être était-ce la même, j’orientais toutes mes séances de yoga en pensant à quelqu’un qui traversait un moment difficile. Il m’était toujours plus facile de respirer convenablement en orientant mon souffle vers l’autre. Vers l’autre plutôt que vers moi.

Quelques nouvelles du corps…

Voici la dernière mise à jour du projet corps dedans/dehors. (En écrivant cette semaine, je notais comme il est étrange de voir dans un tel projet comment, d’une semaine à l’autre, le ton change…). Il y est donc question de douleur chronique, mais aussi d’engourdissement et d’envie de disparaître; d’empathie, mais aussi de caresse et de piqûre.

Extrait:

Elles sont cinq. Quand par inadvertance, au contact du drap ou de ma main endormie, l’une s’éveille, on croirait que les autres y répondent. Comme rien n’indique qu’il existe un réseau sous-cutané de communication entre les piqûres, je ne peux blâmer que les mémoires du corps allergique ; mémoire d’un mollet qui se réveille quand le coude s’enflamme ; le majeur qui enfle quand le bras lui parle. Dans un demi-sommeil, je les compte alors – un, deux, trois, quatre, cinq – comme d’autres compteraient les moutons, refusant que cinq piqûres suffisent à mettre fin à ma nuit.

Quelques lectures…

Dans le numéro 143 du magazine Nuit blanche, maintenant en kiosque, vous pourrez lire trois de mes commentaires de lecture: sur le collectif Femmes rapaillées, le recueil Il fait un temps de bête bridée de Mathieu Simoneau et le récit Le temps du paysage de Hélène Dorion.

C’est toujours particulier de relire plusieurs commentaires critiques un à la suite de l’autre. Ce faisant, le lecteur attentif comprendra que j’ai sans doute été un peu obsédée par la question de la lumière ce printemps… !

Pour vous mettre l’eau à la bouche en lisant le début du commentaire sur Hélène Dorion.

 

Quelques nouvelles du corps

Voici la dernière mise à jour du projet corps dedans/dehors. Cette semaine il est question d’injonctions, de celles qui deviennent de plus en plus obsédantes quand on a 30 livres en plus. Mais aussi d’allaitement, d’enfance, de solitude et de mémoire. Et encore de mémoire, de sueur, de chicane, de beauté intérieure.

Extrait:

Si la vraie beauté est la beauté intérieure, il est sans doute normal de tant souffrir quand quelqu’un pointe tes pourritures. Que peut-il rester entre un intérieur moisi et un extérieur bouffi ? Quelle chair pour quel cannibale ?

L’essayiste en résidence tire sa révérence

Après plusieurs mois de travail de grande proximité avec le Théâtre de la Pire Espèce, mon mandat d’essayiste en résidence se terminait avec la fin de la saison. Ça ne veut pas dire que nos collaborations sont terminées, mais la forme que celle-ci prenait (le journal hebdomadaire de création) est pour l’instant terminée.

Consultez mon dernier article.

Extrait:

Mais pour l’instant, c’est ici que se termine le parcours de l’essayiste en résidence de la Pire Espèce. Nous avions dit que nous inventerions quelque chose, nous avons au moins inventé ça : un titre qui sonne pas trop mal. Vous avez le droit de le copier. On l’utilise si peu, ce mot d’essayiste, dans notre pays. J’aimerais le voir partout fleurir. J’aimerais sentir qu’on n’a pas peur de ce métier qui consiste à créer avec une matière particulière : les idées. J’aimerais qu’il y ait partout des essayistes qui résident au cœur de vos antres créatifs.

Quelques nouvelles du corps

Une mise à jour de corps dedans/dehors. Cette semaine, il est question de nausées et de nudité, de baiser et de grains de beauté, d’ouverture, de trésor et de peau blanche.
 
Extrait:
À chaque battement de cœur apparaît quelque chose de fragile. J’ai longtemps craint… J’ai longtemps cru que cette fragilité poussait entre l’autre et moi. Mais le trésor est juste là, sous l’ecchymose. C’est peut-être pour ça que je suis seule à le voir.

Géométrie de la parole

Sur le Journal de création du Théâtre de la Pire Espèce, je commence la réflexion sur la question de la parole qui nous occupera les prochaines semaines.

Extrait:

On comprend que dans cette étude sur la parole qui se poursuivra la semaine prochaine, cette question plus générale de la voix humaine et de ses potentialités est importante. D’une part, on peut se demander ce qui peut être construit uniquement avec le son : comment un texte peut en venir à évoquer les sabots des chevaux? On peut aussi chercher à faire dévier des références connues. Qu’arrive-t-il d’une fable archiconnue si on la rap? Une prière en chanson à répondre au rythme des cuillères? Sous ce premier angle, la parole est donc surtout une histoire de sonorités, de rythmes, de textures.

Quelques nouvelles du corps

Voici le moment d’une vraie mise à jour pour corps dedans/dehors. Cette semaine, il est question de grandes choses comme les larmes et le désir; de bobos qui sonnent drôle comme la dyshidrose; d’action comme le saut et le glissement et de détails comme le mal de tête et l’avant-bras

Extrait:

L’hiver, ce sont d’épais foulards.
L’été, des verres fumés.
Par expérience, je sais, qu’il suffit de cacher la moitié du visage pour que personne ne remarque que vous pleurez.