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08/07/2011

Commentaires

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C'est en train de changer, petit à petit, en France. Comme un voile qui viendrait couvrir la réflexion. Extrêmement pernicieux si on se laisse faire.
Résister à la pression du "prêt à penser" car n connaît la suite...
Lise

Merci d'apporter ce point. Il y a longtemps que je ne suis pas allée en France pour un séjour "digne de ce nom" mais c'est aussi ce qu'on me rapporte. Lors de mon dernier passage à Paris il y a trois ans j'ai entre autres été frappée par la fermeture de plusieurs librairies et la prolifération des chaînes, dont les Starbuck. Merci de me lire attentivement.

Inviter des intellectuels dans les médias, c’est bien. Leur donner le temps dont ils ont besoin, ce serait mieux — mais c’est rarissime. À cet égard, la France est beaucoup mieux nantie que le Québec.

J'ai lu le billet de Jean-François Lysée que j'ai trouvé très instructif sur le sujet, j'y ai d'ailleurs laissé un commentaire avec toute l'humilité d'une non-intellectuelle. Je l'ai lu avant celui-ci, me doutant bien que tu ne pouvais passer à côté de ce débat.

Il y a plusieurs nuances à apporter à la catégorie dite intellectuelle. Il y a ceux qui le sont de nature, et qui sont aussi de nature généreuse et veulent et peuvent partager leurs pensées. C'est la crème pour moi, je les fréquente. Mais ceux qui en profitent pour se hausser, ou ceux qui communiquent difficilement ou hermétiquement leurs pensées, je les regarde, pas de haut, mais de loin !

Ce n'est pas dans ma nature d'aimer jongler pour jongler avec les idées, il faut toute de suite que ça soit pratique. Par contre, je fais un effort pour certaines abstractions. Je le prends comme un exercice, une discipline pour mon esprit.

J'espère avoir un peu démontré que les non intellectuels ne sont pas systématiquement anti-intellectuels.

Il faut d'abord constater que l'intellectualisme de Denise Bombardier est sans fond véritable. Que la culture, ce n'est pas toujours propret. Son intellectualisme est souvent un puritanisme qui ne pourrait être plus proprement américain. Ce que je revendique aussi, nous ne sommes pas européen et qu'on nous en garde bien. Que ceux-ci nous prennent pour des rustres depuis quelques siècles déjà, je m'en contrefout. L'américain (dans son sens large, puisque nous en sommes) est toujours moins sophistiqué, il ne connait pas les bonnes manières et il ne s'est jamais embourbé dans cette culture de classes sociales. Tout le monde se pense dans la classe moyenne, pratiquement personne ne s'est jamais vu comme prolot ou bourgeois, on se sous-estime beaucoup et, comme les américains, on est fort critique envers nous-mêmes. L'européanophilie a ses limites, en cela qu'elle est un modèle, mais comme un parent pour ses enfants, on doit atteindre l'âge adulte et se reconnaître comme notre propre nation, avec notre langue et notre culture et cesser de regarder chez les ancêtres pour se donner un modèle qui est déjà dans notre passé et notre présent. L'Amérique remporte moins de Prix Nobel pour sa littérature, cet honneur revient toujours à la France. Mais pour le reste, le savoir qui change nos vies est américain depuis déjà 150 ans. Depuis l'invention de l'ampoule, jusqu'à celle de l'internet. Le complexe d'infériorité, c'est mauditement vieillot... et ça fait très colon.

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