Quand arrive la rentrée, je pense toujours au Jour de l’an.
J'haï ça le Jour de l’an. De tous les rituels que la vie en société veut nous imposer, celui qui consiste à décompter les secondes, entourés de trop de gens, me dépasse complètement. D’autant plus que dans la liesse, y’en a toujours un pour te manquer la joue et te donner un bec dans l’oreille. À classer dans la catégorie "fluides non sollicités".
Plus sérieusement, mon principal problème avec le Jour de l’an, c’est que je ne comprends même pas ce qu’on fête. C'est tellement abstrait ce changement de calendrier. Quand on retourne travailler, début janvier, rien n’a eu le temps de changer. On a été parti juste le temps de prendre 5 livres et une résolution pour les perdre. Résolution qui tiendra, au bas mot, deux semaines.
Je pense qu'au fond, j’ai gardé en moi un calendrier scolaire qui fait la loi. À mes yeux, l’année commence, et commencera toujours, en septembre.
À la rentrée, tout est neuf et tout semble stimulant. Les chaînes radios et télés annoncent leur programmation. À tout coup, on est pris d’un tournis, se demandant comment on va faire pour écouter tout ça et vivre en même temps. Les théâtres démarrent aussi leurs saisons et les librairies font de la place à des milliers de nouveautés. Il y a une dizaine de jours, devant les lancements succédant aux lancements qui succédaient aux annonces, j'ai été prise d'un coup de surstimulation. "Ouvre la bouche (et le coeur et le cerveau)... Plus grand, encore plus grand!"
Sérieusement, c'est beau la rentrée. Si vous êtes parmi les chanceux qui avez plus que 4%, vous êtes même reposés. Peut-être que pour marquer le coup vous aurez acheté des nouveaux stylos, pour faire comme dans le temps. Et même les collègues qui reviennent de vacances vous semblent plus beaux qu’avant. (L'histoire ne dit pas si c'est le repos qui leur sied bien ou juste la distance qui magnifie les liens.)
C'est que l’été, quoi qu'on en dise, c’est la période idéale pour faire des bilans. Il fait chaud, on est amorti et on dirait que le rythme de la saison permet de vraiment tourner des pages, traverser des ponts. Parce que si à mes yeux l'année commence en septembre, elle se finit en juin. Et entre les deux, on baigne dans un non-lieu. On se donne gentiment l’impression de ne penser à rien, mais c’est beaucoup parce qu’on est en train de sédimenter tout ce à quoi on a pensé le reste de l’année. On a même le temps de faire des deuils, d’accepter que l’année dernière ne sera plus.
Quand j’avais cinq ans, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps en comprenant que Passe-Partout s’arrêtait pour l’été. J’ai eu un beau deux mois pour digérer la peine et comprendre qu’autre chose m’attendait à l’automne. La maternelle entre autres. Une nouvelle vie, quoi.
Qui a le temps d’imaginer un changement de vie avant le 1er janvier, sérieusement ? On est tous pris dans un feu roulant qu'on a du mal à faire ralentir, même s'il nous lève le coeur avec ses accents de surconsommation. À la rentrée on dépense aussi, mais c'est autre chose. On dirait moins qu'on dépense, plus qu'on investit.
J’insiste, l’année commence vraiment en septembre et s’il y a un bon moment pour prendre des résolutions, c'est maintenant. (Je fermerai Twitter à 23h, j'irai au musée une fois par mois, je ferai du sport trois fois par semaine, je...). Les mauvaises langues diront qu'elles ne dureront pas plus de deux semaines non plus...
Sans doute! Mais si on les ajoute aux deux semaines de janvier, ça fait quand même un mois de régime amaigrissant par année! (Déjà ça de gagner...)
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Josée Blanchette et Tristan Malavoy-Racine signaient la semaine dernière de biens beaux papiers sur la rentrée.
C'est vrai que septembre c'est le temps des nouveaux départs, et ça m'a pris des années à ne plus compter le temps en année scolaire (Quand j'étais en 1ère année, en secondaire 3, en 3ème année de mon bacc etc). Mais c'est aussi l'arrivée de l'automne et l'automne est aussi propice au deuil. Pour moi, septembre c'est le début des résolutions professionnelles et d'organisation, et janvier aux résolutions personnelles. Mais bon, je ne tiens pas pas beaucoup ni les unes ni les autres
Rédigé par : Quelquepart | 09/09/2011 à 10:57
Le mois de septembre est mon mois préféré parce que c'est la rentrée. D'ailleurs, cette année, j'ai changé d'agenda début septembre.
J'aime cette effervescence après le côté un peu léthargique de l'été, période où on assimile, comme tu dis.
Tu nous as prouvé que tu aimais la rentrée, ton billet a une tendance rigolote. Même si aussitôt tes drôleries énoncées, tu suis d'un "sérieusement" ou "plus sérieusement".
:-D
Rédigé par : Venise | 10/09/2011 à 22:30